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Wednesday, June 18, 2025

L’excellence en ingénierie est-elle une espèce en voie de disparition?

Une réflexion SecDevOps sur le rapport 2025 "State of Software Engineering Excellence"


Pourquoi ce rapport est important pour moi

Si vous suivez mes périples écrits, vous savez que je considère DevOps (et son aîné SecDevOps) comme un sport d'équipe: trouver l'équilibre entre vitesse et sécurité, humanité et processus, durabilité et valeur pour les actionnaires. Lorsque Harness a publié la semaine dernière son étude State of Software Engineering Excellence 2025, j'ai pris un café et dévoré les plus de 30 pages du rapport.

Le constat est brutal: la majorité des organisations n'atteignent toujours pas la cible en matière d'expérience développeur et de maturité DevOps, ce qui se traduit par une productivité en baisse, un risque qui s'envole et des talents frustrés. (harness.io)

First-person car dashboard illustration at night on Highway 132, speedometer at 120 km/h, blinking check-engine and security warning icons. Roadside billboard says ‘DevOps Maturity 2025’. Rear-view mirror shows calm electric car driven by diverse team and AI assistant.

Aperçu des constats

Point problématique Données du sondage
Boucles de rétroaction lentes 67 % des équipes n'arrivent pas à mettre en place un environnement complet de build/test en 15 minutes
Tâches manuelles 64 % déploient encore le code infra à la main ; 50 % livrent les applis manuellement
Temps d'attente pour revue de code 61 % attendent plus d'une journée pour une revue
Absence de garde-fous qualité 55 % des pipelines CI/CD n'ont aucun contrôle de passage
Lacunes dans la préparation aux incidents 52 % manquent d'outils clés pour la réponse aux incidents
Angles morts en sécurité 38 % ne scannent pas leurs builds ; 1 équipe sur 10 laisse passer des bogues critiques en prod ; médiane de correction ≥ 7 jours pour les vulnérabilités graves

Ajoutez à cela:

  • Seulement 29 % disposent d'un catalogue logiciel à jour.
  • À peine 19 % offrent un programme structuré de montée en compétences aux devs.
  • Un quart des équipes admet que plus de 70 % des user stories n'ont pas de critères d'acceptation clairs.

Pour le dire bêtement, le moteur DevOps cogne, le témoin moteur clignote et on roule encore à 120 km/h sur la 132.


Pourquoi cet écart persiste-t-il?

Dans mes mandats de conseil, je vois trois antipat­terns récurrents:

  1. Un DevOps centré sur le rôle: on embauche un"magicien du pipeline"et on espère que la magie se répande.
  2. L'obsession"tool-first": on achète les meilleurs gadgets sans toucher aux processus ni à la dynamique d'équipe.
  3. Le culte de la vélocité à court terme: on livre des fonctionnalités plus vite aujourd'hui en accumulant la dette technique (et les blessures de stress) pour demain.

Les données Harness confirment les trois: beaucoup d'outils tape-à-l'œil, mais des contrôles manuels ; quelques poches d'excellence, mais zéro ownership transversal ; des ingénieurs héroïques, mais des systèmes fragiles.


Les avantages de la trajectoire actuelle (oui, il y en a)

Ce qui fonctionne Pourquoi c'est quand même positif
La prise de conscience progresse 650 leaders ont pris le temps de s'auto-évaluer: c'est déjà un pas culturel.
La pensée plateforme émerge Le rapport fait la promotion des plateformes de livraison logicielle unifiées, exactement ce que prône le SecDevOps moderne.
La formation sécurité existe 56 %* forment au moins annuellement leurs devs. Pas parfait, mais c'est une base. (harness.io)
Les métriques supplantent les anecdotes L'usage d'une grille de maturité fait passer la discussion du "ressenti" à la preuve.

*Note verre à "moitié plein": cela signifie aussi que 44 % forment moins d'une fois par an, voire jamais.


Les inconvénients (le vrai centre de coûts)

  • Hémorragie de productivité: chaque pause de 30 minutes en attente d'une revue, c'est des intérêts composés de gaspillage.
  • Dette de sécurité: une semaine pour patcher une vulnérabilité critique, c'est l'éternité pour un attaquant ; les exploits de chaîne d'approvisionnement n'attendent pas le sprint planning.
  • Épuisement des personnes: déploiements manuels et incidents hors heures font naître la fatigue que l'IA promettait d'éliminer.
  • Frein à l'innovation: des talents occupés à réparer des pipelines cassés ne créent pas la prochaine fonctionnalité.

Multipliez cela par les salaires mondiaux et vous comprenez les "millions" cités par Harness. (harness.io)


Un prisme SecDevOps sur les recommandations

Sans surprise, Harness prône une approche centrée plateforme. Je suis d'accord… avec réserves.

Prescription Harness Ma bonification SecDevOps
Automatiser les pipelines de bout en bout Oui, mais le policy-as-code doit verrouiller chaque étape: SAST, SBOM, dérive IaC, scan de secrets, Snyk, SonarQube, & Cie.
Adopter des portails développeur internes (IDP) Absolument, mais avec des paramètres de moindre privilège par défaut et des garde-fous pour éviter l'infra "clandestin".
Former en continu Incontournable. Combinez les sessions de code sécuritaire obligatoires à une rotation en gestion d'incident pour développer l'empathie.
Mesurer la maturité sur cinq axes Faites-le, mais complétez la grille par les métriques DORA pour garder le duo débit, fiabilité et un prisme SevDevOps je vous prie. (wikipedia.org)


Le changement culturel prime sur le changement de plateforme

On ne peut pas sécuriser ce qu'on ne comprend pas; on ne peut pas automatiser ce qu'on n'a pas convenu de standardiser. Cela exige:

  • Rétrospectives sans blâme et sans filtre: mettre en lumière les frictions derrière ces builds de moins de 15 minutes.
  • SLO partagés: dev, ops et sécurité portent la même imputabilité, "MTTR" et taux d'échec de déploiement.
  • KPI de durabilité: suivre la charge d'astreinte, les plages hors heures et les heures de formation comme des métriques de première classe. (Voir la recherche émergente sur le Sustainable DevOps: arxiv.org et notre article La pérennité est la nouvelle performance)

L'aspect humain : la variable manquante

Le rapport traite de dollars et de défauts. Ajoutons la dimension humaine :

  • Travail manuel = épuisement.
  • Attente de revue = désengagement.
  • Incidents lents = on réveille le même héros à 3 h du matin.

S'attaquer à ces points n'est pas qu'une stratégie de rétention: c'est de la gestion des risques. Un esprit fatigué configure mal, la prod!


Mon plan d'action en quatre points

  1. Cartographier le gaspillage. Time-in-queue, et non les lignes de code, est mon indicateur phare. Si vos PR stagnent plus de 12 heures, réparez la boucle de feedback avant d'acheter un autre scanner.
  2. Déplacer les conversations sécurité à gauche. Les outils détectent des motifs ; les humains jugent la plausibilité. Organisez des"brown-bags"de modélisation des menaces pour que les devs flairent le danger avant la PR.
  3. Investir autant dans la plateforme que dans les personnes. Un IDP robuste sans plan de rotation finit sur l'étagère. Associez chaque nouveau service self-service à un module de compétences et un check-in sur la sécurité psychologique.
  4. Faire un audit de maturité. Vous ignorez par où ou par qui commencer? Contactez-nous. Mais pour arriver quelque part, il faut savoir d'où vous partez.

L'IA: sa place (et ses limites)

Les agents façon Copilot peuvent proposer des configs sécurisées et générer des tests automatiquement. Mais ils ne peuvent pas:

  • Négocier les critères d'acceptation avec les parties prenantes.
  • Décider de l'appétence au risque de votre organisation.
  • Mener une rétrospective sur la fuite d'un bug critique.

L'automatisation est le valet de parking, pas le chauffeur.

Un mot sur la durabilité

Le rapport suggère des économies en éliminant les tâches manuelles. Économiser de l'argent, c'est bien ; économiser l'énergie, la charge cognitive et le moral, c'est mieux. L'organisation logicielle la plus durable est celle qui :

  • Déploie avec peu de carbone et peu de cortisol.
  • Apprend plus vite qu'elle ne brûle ses talents.
  • Automatise l'ennuyeux et laisse de l'espace à l'humain pour la maîtrise.

Dernières réflexions

Les données Harness ne sont pas un "doom-scroll": c'est un miroir. Oui, la plupart des équipes végètent dans les limbes de maturité intermédiaire. Mais les miroirs ont du pouvoir: dès qu'on voit l'écart, on peut le combler.

  • Optimisons-nous les pipelines en ignorant les gens?
  • Poursuivons-nous la vélocité au détriment de la résilience?
  • Achetons-nous des outils pour masquer les symptômes ou investissons-nous dans la culture pour guérir les causes?

Je sais quelle réponse me garde dans le sport sur le long terme. Et vous? Poursuivons la discussion. Partagez le plus grand défi ou succès DevOps de votre équipe dans les commentaires, et bâtissons ensemble une culture d'ingénierie plus sécuritaire, durable et humaine.

Références:

# Source Éditeur
1 The State of Software Engineering Excellence 2025 Harness
2 New report reveals alarming state of software engineering excellence … PR Newswire
3 Accelerate State of DevOps Report 2023 Google Cloud / DORA
4 Accelerate State of DevOps Report 2024 Google Cloud / DORA
5 Organisations are failing on DevOps experience and maturity Digit.fyi
6 Measuring GitHub Copilot's Impact on Productivity Communications of the ACM
7 Predicting Attrition among Software Professionals: Antecedents and … ACM Digital Library

Is Engineering Excellence an Endangered Species?

A SecDevOps Reflection on the 2025 "State of Software Engineering Excellence" Report


Why this report matters to me

If you've followed my writing, you know I treat DevOps (and its grown-up sibling, SecDevOps) as a team sport that balances speed with safety, people with process, and sustainability with shareholder value. When Harness published its State of Software Engineering Excellence 2025 study last week, I grabbed a coffee and devoured all 30-plus pages. 

The headline is blunt: most organisations are still missing the mark on developer experience and DevOps maturity, and they're paying for it in lost productivity, spiralling risk, and frustrated talent. (harness.io)


Snapshot of the findings

Trouble spot Survey data
Slow feedback loops 67 % of teams can't spin up a full build/test environment in 15 minutes
Manual toil 64 % still deploy infra code by hand; 50 % ship apps manually
Code-review drag 61 % wait > 1 day for a review
Quality gates missing 55 % of CI/CD pipelines lack any gating
Incident readiness gaps 52 % lack key tools for incident response
Security blind spots 38 % don't scan builds; 1 in 10 let critical bugs hit prod; median fix time ≥ 7 days for high-severity vulnerabilities.

Add to that:

  • Only 29 % have an up-to-date software catalogue.
  • Just 19 % provide structured up-skilling for devs.
  • A quarter of teams admit > 70 % of user stories lack clear acceptance criteria.

Put bluntly again, the DevOps engine is knocking, the check-security light is flashing, and we're still driving 120 km/h on the 132.


Why does this gap persist?

In my consulting rounds I see three recurring anti-patterns:

  1. Role-centric "DevOps" – Hiring a "pipeline wizard" and hoping magic trickles outward.
  2. Tool-first obsession – Buying best-of-breed widgets without addressing processes or team dynamics.
  3. Short-term velocity worship – Shipping features faster today while stacking tomorrow's technical debt (and stress injuries).

The Harness data validates all three: lots of shiny tools, but manual gates; pockets of excellence, but no cross-functional ownership; heroic engineers, but brittle systems.


Pros of the current trajectory (yes, there are some)

What's working Why it still deserves credit
Awareness is up 650 leaders cared enough to benchmark themselves, that's cultural progress.
Platform thinking is emerging The study champions unified software delivery platforms — exactly what modern SecDevOps preaches.
Security training exists 56 %* are at least training devs annually. Not perfect, but a foundation. (harness.io)
Metrics beat anecdotes Using a maturity assessment moves the conversation from "feelings" to evidence.

*(Glass-half-full side note: it also means 44 % train less than annually or never.)


Cons (the real cost centre)

  • Productivity hemorrhage – Every 30-minute context switch waiting for a code review is compound interest on waste.
  • Security debt – A week to patch high-sev vulns is an eternity to an attacker; supply-chain exploits don't wait for sprint planning.
  • People burnout – Manual deployments and after-hours incidents create the very exhaustion AI tooling claims to cure.
  • Innovation drag – Talent stuck chasing broken pipelines isn't inventing the next feature set.

Multiply those by global salary averages and you understand the "millions" Harness flags. (harness.io)


A SecDevOps lens on the recommendations

Harness (unsurprisingly) prescribes a platform-centric approach. I agree, with caveats.

Harness prescription My SecDevOps-flavoured refinement
Automate pipelines end-to-end Yes, but policy-as-code must gate every stage: SAST, SBOM, IaC drift, secrets scanning, Snyk, SonarQube.
Adopt internal developer portals (IDPs) Absolutely, but ensure least-privilege defaults and guard-railed self-service to avoid "shadow IT/infra."
Upskill continuously Non-negotiable. Pair mandatory secure-coding sessions with rotation in incident response to build real empathy.
Measure maturity across five dimensions Do it, with DORA metrics to keep eyes on throughput and reliability and ideally a SecDevOps lens. (en.wikipedia.org)


Culture change beats platform change

You can't secure what you don't understand; you can't automate what you haven't agreed to standardise. That calls for:

  • Blameless, brutally honest retrospectives – surface the frictions behind those < 15-minute build failures.
  • Shared SLOs – dev, ops, and security owning the same uptime, MTTR, and change-failure goals.
  • Sustainability KPIs – track on-call load, after-hours pages, and training hours as first-class metrics, not "nice to haves." (See the emerging Sustainable DevOps research. (arxiv.org) and our article  Sustainability Is the New Performance )

People friendliness: the missing variable

The report focuses on dollars and defects. Let's add a human dimension:

  • Manual toil = burnout. 
  • Waiting on reviews = disengagement. 
  • Slow incident resolution = paging the same hero at 3 a.m.

Addressing these isn't just a retention strategy; it's risk management. Tired minds mis-configure prod.


My four-point action plan

  1. Map the waste Time-in-queue, not lines-of-code, is my leading indicator. If your PRs sit more than 12 hours, fix the feedback loop before buying another scanner.

  2. Shift security conversations left Tools catch patterns; humans catch plausibility. Schedule brown-bag threat-model sessions so devs smell danger before a pull request exists.

  3. Invest in platform and people equally A robust IDP without a rotation plan is shelf-ware. Pair every new self-service feature with a skills module and a psychological-safety check-in.

  4. Have a Maturity Assessment. You don't know how or by whom, please contact us. But you need to know where you are of you intend of getting somewhere.


Where AI fits (and where it doesn't)

Copilot-style agents can suggest secure configs and auto-generate tests. But they can't:

  • Negotiate acceptance criteria with stakeholders.
  • Decide your organisation's risk appetite.
  • Hold a retrospective on why a critical bug slipped.

Automation is the valet, not the driver.

A note on sustainability

The study hints at cost savings from eliminating manual tasks. Saving money is greatsaving energy, cognitive load, and morale is better. The most sustainable software organisation is one that:

  • Deploys with low carbon and low cortisol.
  • Learns faster than it burns talent.
  • Automates the boring and leaves space for mastery.

Closing thoughts

Harness's data isn't a doom scroll; it's a mirror. Yes, most teams remain stuck in mid-maturity limbo. But mirrors are powerful: once you see the gap, you can close it.

So ask yourself:

Are we optimising pipelines while ignoring people? Are we chasing velocity and missing resilience? Are we buying tools to hide symptoms or investing in culture to cure causes?
I know which answer keeps me in the game for the long haul. What about you? Let's continue this conversation. Share your team's biggest DevOps maturity hurdle or success story in the comments, and let's build a more secure, sustainable, and human-friendly engineering culture together.

References:

#

Source

Publisher

1

The State of Software Engineering Excellence 2025

Harness

2

New report reveals alarming state of software engineering excellence …

PR Newswire

3

Accelerate State of DevOps Report 2023

Google Cloud / DORA

4

Accelerate State of DevOps Report 2024

Google Cloud / DORA

5

Organisations are failing on DevOps experience and maturity

Digit.fyi

6

Measuring GitHub Copilot’s Impact on Productivity

Communications of the ACM

7

Predicting Attrition among Software Professionals: Antecedents and …

ACM Digital Library

 


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